L'HELICICULTURE - ENVISAGEABLE SOUS CERTAINES CONDITIONS



LE CONTEXTE : UN PRODUIT TYPIQUEMENT FRANCAIS.

La France est le premier consommateur mondial d'escargots avec 30 000 tonnes d'équivalent vif par an, c'est aussi le premier pays transformateur.
Ce mollusque est le produit gastronomique français par excellence, que ce soit sous forme d'escargots préparés (frais ou surgelés) ou d'escargots de conserve.

Le secteur est caractérisé par une dépendance quasi totale de l'importation des matières premières, issues en majorité du ramassage. La partie d'autoconsommation, très importante, reste difficile à cerner. La réduction des stocks naturels en France, et à court terme à l'étranger, nécessite que soient poursuivies activement les recherches pour la mise au point technique de l'élevage d'escargots.

LES ESPECES D'ESCARGOTS :

Les principales espèces d'escargots donnant lieu en France à un commerce et à une industrie appartiennent :

• Soit à la famille des Hélicidae, genre Hélix
• Soit à la famille des Achatinidae, genre Achatina

Pour tous ces escargots, il existe des dénominations légales de ventes :
• "Escargot de Bourgogne" pour l'espèce Hélix Pomatia
• "Escargots Petits gris" pour l'espèce Hélix Aspersa Muller
• "Escargots" pour les autres espèces du genre Hélix
• Hélix Lucorum (escargot turc) et Hélix Aspersa Maxima (Gros gris d'Algérie)
• "Achatines" pour l'espèce Achatina Fukica (Originaire d'Asie)
Les achatines n'ont plus droit à l'appellation escargots, l'association des Maîtres escargotiers de France a oeuvré pour dénoncer la concurrence déloyale entre escargot et achatine.

On peut déplorer que les informations figurant sur les emballages ne soient pas toujours très claires.
Il s'agit maintenant d'identifier clairement le produit escargot d'élevage français

LES PARTICULARITES :

Seule l'espèce Hélix Aspersa peut raisonnablement faire l'objet d'élevage rationnel; ces escargots apportent une qualité de chair reconnue et se montrent appréciés tant des amateurs de gros escargots (Gros Gris) que des amateurs d'escargots plus petits (Petit Gris).

Cette production quasiment inexistante vers 1980, avoisinait 200 tonnes en 1990 et 500 tonnes en 1992.
L'élevage du Petit Gris est le fait de la région Ouest. L'élevage du gros gris est le fait de la région Est.

Les Directions Départementales des Services Vétérinaires mettent à disposition la réglementation afférente à la transformation des escargots.

La réglementation impose d'enlever l'hépatopancréas pour commercialiser les gros escargots (Bourgogne, Turc, Gros Gris,...) Seul, l'escargot Petit Gris peut être vendu avec le tortillon.

LE MARCHE :

Les échanges (matières premières et produits transformés) se soldent toujours par un déficit.
En effet, l'industrie de transformation française, dans l'obligation de faire appel à l'importation (20 000 tonnes / an depuis les années 60) s'approvisionne en produits frais, congelés, conserves, produits élaborés auprès du Sud-est asiatique , de la Grèce, de la Turquie et surtout des pays d'Europe de l’est (48 % des importations). La Grèce assure l'essentiel de l'importation des produits préparés ou en conserves.

LES TECHNIQUES D'ELEVAGE : TROIS TECHNIQUES ONT ETE TESTEES

• L'élevage à l'extérieur dans de petits parcs, principalement pratiqué dans la région atlantique.
• L'élevage hors-sol où l'intégralité du cycle se déroule dans un bâtiment à atmosphère contrôlée.
Cette technique ouvre la voie à l'élevage en bandes.
Des critères sont à prendre en compte, l'isolation, l'absence de fenêtre , le chauffage , et l'humidité.
• L'élevage mixte comprend une phase de reproduction en bâtiment éventuellement prolongée par une période de nurseries, suivie d'une phase de croissance en parcs extérieurs.

D'un point de vue économique , l'élevage mixte est à l'heure actuelle la technique la plus appropriée.

Quelques données sur l'élevage mixte :

• La reproduction s'effectue de Février à Mai soit avec 1 ou 2 mois d'avance par rapport à la nature.

En élevage, l'animal est considéré comme adulte dès qu'il sera bien bordé, il sera âgé de 4 à 6 mois.
• Le coefficient de fécondité est de 80 à 120 oeufs par ponte.
• La durée d'incubation est de 15 à 25 jours pour une incubation dans la terre, et de 7 à 10 jours pour une incubation artificielle. Elles dépendent des conditions ambiantes.
• Le rendement de la reproduction se situe entre 30 et 80 %.
La mortalité au cours de la nurserie, (durée 1 à 4 semaines) est de  5 à 25%.
La nurserie tend à disparaître. La sortie en parcs extérieurs se fait directement.
La mortalité au cours de l'engraissement en parcs extérieurs est de l'ordre de 25 à 30 %.
• A l'issue de l'engraissement, si les conditions d'élevage ont été respectées   on peut espérer retirer 40 à 90 % d'escargots bordés avec un poids moyen de 20 gr.
• Un complément d'alimentation végétale et de calcium est distribué sous forme de farine.
• L'indice de consommation est de 1.4 à 2 kg par kg d'escargots vif
• Le chargement des parcs est aux environs de 300 escargots au m2.

ECONOMIE

La plus grande prudence s'impose avant tout investissement (terrain, bâtiments,....). Il est souhaitable de limiter au maximum le coût des installations.

Les escargots vifs sont vendus entre 3,80 € et 6,10 € / Kg .

Pour une production d'escargots de 5 tonnes d'escargots vifs, un professionnel gagne 1,37 à 2,43 € / Kg en effectuant la reproduction.

La plus value est effectuée sur le produit fini, Le travail de laboratoire peut se faire dans des ateliers collectifs ou individuels.

Estimation du coût d'un laboratoire de transformation :
• Atelier de transformation : 15 000 € hors main d'oeuvre
• Equipement du laboratoire de transformation : 4500 € à 6000 € (cellule de froid, congélateurs, tables inox, balance,...)

Il ne faut pas négliger  la commercialisation des produits.

UNE FORMATION INDISPENSABLE

Tout candidat au métier de l'héliciculture doit s'informer et se former avant tout.
Le centre de formation de Châteaufarine propose un stage de 4 mois "Conduite technique et économique d'un atelier hélicicole".
Ce stage peut être validé par un brevet professionnel agricole de niveau IV, celui-ci ouvrant droit aux aides à l’installation.